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DavidDubreuil.com

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Un monde gouverné par les statistiques

Un monde gouverné par les statistiques

Les paysages grandioses cachent un versant moins bucolique.

Les paysages grandioses cachent un versant moins bucolique.

On ne le sait pas forcément, mais la pêche est comme tous les sports américains, gouvernée par les statistiques. Les statistiques de chaque compétiteur sont hébergés par les leagues qui calculent tout de leurs champions. Nombre de victoires, de secondes et troisièmes places, nombre de top ten, d'argent gagné, de poids cumulé : tout est relevé, noté, archivé et compilé. Je veux en savoir plus.

Pour établir un palmarès de chaque concurrent, il faut compter les victoires en tournoi, un peu comme au tennis avec les victoires en Grand Chelem. Mais la comparaison avec ce sport s’arrête là. Car si chaque saison sert à cumuler des points pour le classement de pêcheur de l’année (Angler Of the Year), rien n’est comparable avec le tennis et son classement ATP. En effet, le classement AOY revient à zéro à chaque nouvelle saison. Chaque saison est donc un nouveau recommencement.

Le public est présent sur les lignes de départ

Le public est présent sur les lignes de départ

Pour établir une réelle hiérarchie entre les pêcheurs, on ne retient que les victoire majeures, c’est-à-dire celles obtenues lors de saisons régulières professionnelles : Open B.A.S.S., Elite Series et Bassmaster Classic pour B.A.S.S. Contrairement au tennis, les carrières sont longues : un compétiteur comme Rick Clunn par exemple est toujours en activité à plus de 73 ans ! Il a participé à 456 tournois professionnels et en a remportés 16, dont un en 2019. Une autre spécificité comme vous le constatez avec ces chiffres, c’est que même les meilleurs perdent bien plus fréquemment qu’ils ne gagnent.

Des statistiques que je vais publier, je n'ai retenu que les carrières B.A.S.S., les statistiques en M.L.F. n'étant pas encore assez fournies pour être aussi parlantes. Idem pour les statistiques F.L.W. qui sont souvent trop courtes chez les meilleurs pêcheurs qui rejoignaient B.A.S.S. dès qu'ils le pouvaient...

Pour affiner un peu les comparaisons entre pros, utilisons si vous me le permettez le ratio suivant : Nbre de victoires/ Nbre de compétitions pros. J'aurais pu prendre en compte les podiums plutôt que les victoires, mais aux US, la culture du podium n'existe pas comme en Europe. Il n'y a qu'un seul vainqueur... Et que des vaincus.
Mickalël Iaconelli par exemple, qui vient de remporter la Nitro Cup 2019 en Espagne avec Bastien Nicolay, a cumulé durant sa carrière B.A.S.S., 8 victoires pour 250 participations, soit 3,2% de victoires. Skeet Reese, le californien, a gagné 8 fois pour 237 participations (3,37%). Greg Hackney, le spécialiste des pêches shallow affiche 6 victoires pour 183 compétitions (3.28).

Le vénérable Rick Clunn quant à lui est à 3,5%. Même un tout jeune et talentueux compétiteur comme Jordan Lee avec ses 2 victoires au Classic, affiche un ratio de 2/61, soit 3,28% de réussite. Shaw Grigsby (et sa célèbre moustache) est à 9 victoires ! Seulement ce vétéran a participé à 352 compétitions, son ratio n’est donc que de 2,56.

Shaw Grigsby

Shaw Grigsby

Focus sur Jason Christie de l’Oklahoma,  un excellent compétiteur.
Ses stats en FLW étaient déjà impressionnantes avant de débarquer en B.A.S.S.. Pour se qualifier pour l’Elite Series B.A.S.S., Christie a remporté deux Open B.A.S.S. la même année : un exploit. Durant sa courte carrière à B.A.S.S., il affiche 5 victoires sur seulement 74 participations, son ratio est aujourd’hui un des meilleurs : 6.76 ! Ce mec est assurément un des tout meilleurs pêcheurs. Je veux surveiller de près ce Jason Christie !

Jason Christie

Jason Christie

On retrouve un peu le même cas de figure chez Jacob Wheeler. Fraîchement arrivé en B.A.S.S., Wheeler n'a participé qu'à 45 tournois B.A.S.S. avant de partir en M.L.F., mais en a remporté déjà deux. Son ratio est impressionnant : 4.44. Encore un compétiteur à surveiller de près : surveiller Jacob Wheeler. 

Du côté des meilleurs .
Ces ratios sont intéressants, mais ne sont que très rarement retenus par les analystes américains. Pour eux, c’est le nombre victoires qui compte. C’est ce qui fait un palmarès, c’est ce qui fait aussi un compte en banque.  Regardons alors de plus près les compétiteurs qui affichent le plus grand nombre de victoires à présent.
Aaron Martens est à 9 victoires B.A.S.S. sur 241 compétitions, son pourcentage de victoire est à 3,73.
Edwin Evers affiche 11 victoires pour 232 participations, il est nettement au-dessus du lot avec un taux de réussite de 4,74%.
Mais le plus fort reste bien sûr Kevin Vandam. Avec un record de 4 Bassmaster Classic (ex-aequo avec Rick Clunn), 7 titres AOY, il est le maître incontesté de la discipline avec un total de 25 victoires pour 314 compétitions disputées ! Il affiche donc un taux de réussite de 7,96 % ! Il est donc très nettement au dessus de tous. En zoomant encore sur ses stats, on s’aperçoit qu’il n’a réalisé que 16 secondes places (pour 25 victoires). C'est très probablement cette dernière statistique qui donne des sueurs froides à ses concurrents lorsqu'il aborde la dernière journée. Car s'il atteint le dernier cut (top 10), il possède alors un ascendant psychologique sur tous les autres compétiteurs, ascendant dont il sait parfaitement tirer profit en toutes situations. Surveiller Kevin Vandam !

Kevin Vandam (KVD)

Kevin Vandam (KVD)

Ces statistiques, que les américains affectionnent tant, en disent long sur les carrières de chacun. Kevin Vandam par exemple ne participe jamais aux Opens. Il ne concourrait qu’en Elite B.A.S.S. et aux Classic. Aujourd'hui il pêche exclusivement en MLF (MLF et Bass Pro tour). Contrairement à KVD, certains compétiteurs sont plutôt des boulimiques de compétitions et les enchaînent pour rester au niveau : ils réalisent leur saison avec leur league respective, tout en s'engageant sur des Opens, parfois même des Opens de leagues concurrentes, et durant la saison off, certains en profitent encore pour participer aux concours de leur club près de chez eux. Mais d’autres au contraire préfèrent marquer une longue pause durant la saison off pour profiter de leur famille, réaliser des travaux chez eux, aller à la chasse, ou travailler pour compléter leurs revenus, pour les marques qu'ils représentent par exemple.

Tous ces pros maîtrisent à la perfection toutes les techniques, mais certains ont développé des facultés que l'on pourrait qualifier de "sur-humaines" lorsqu'ils utilisent leur technique favorite. C'est bien de cela dont nous allons parler prochainement.

A suivre...