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DavidDubreuil.com

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PAROXYSMIQUE !

PAROXYSMIQUE !

C'est l'adjectif qui semble coller le mieux à ce qu'il se passe en ce moment aux US.

C'est l'adjectif qui semble coller le mieux à ce qu'il se passe en ce moment aux US.

La pêche aux leurres aux US semble, vue d'Europe, à son apogée. En effet, on ne voit pas comment elle pourrait encore se développer davantage. Car tout là-bas nous semble déjà démesuré, et pourtant aucun pêcheur américain n'a ce sentiment. Chez nos voisins américains, la pêche est plutôt considérée comme un sport en plein développement, qui n'a pas du tout atteint son sommet de pratiquants. Le nombre de pêcheurs augmente chaque année, et le niveau général des compétiteurs continue de croître lui aussi.

Tentons de comprendre pourquoi le niveau est si élevé

Pour accéder aux leagues professionnelles, tous les pros ont dû passer par des phases de qualification d’une rudesse incroyable. Si les plus jeunes ont pu suivre des cours de pêche à l’Université et disputer des tournois universitaires, la plupart s’est construit sur le tas, en empilant les compétitions de club. La méthode empirique est la meilleure dans ce domaine et l'accumulation de compétitions reste la meilleure école pour progresser. Car si pêcher en loisir permet de peaufiner sa technique personnelle, cette pratique ne permet pas de progresser en compétition. Tous les pêcheurs pros sont des compétiteurs acharnés, qui en plus des compétitions de club tous les week-ends, se sont souvent inscrits dans les deux leagues simultanément lorsqu'ils étaient amateurs. Ces dernières proposent en effet des compétitions amateurs de très haut niveau qui permettent aux plus motivés de s’aguerrir tout en offrant au cours de la saison une ou plusieurs places pour le circuit professionnel : Open B.A.S.S., B.A.S.S. Nation, Costa Series FLW. Chaque année, une petite dizaine de rookies regagnent ainsi les rangs des pêcheurs de l’Elite et peuvent embrasser la carrière professionnelle qui les a tant fait rêver.

PAROXYSMIQUE !

Vous l'aurez compris : arrivés à ce niveau-là, les pros actuels sont de véritables bêtes de concours. Ils ont la pêche du black bass gravé en eux. Le cycle vital du poisson est connu sur les bout des doigts, son comportement est une donnée connue de tous, les boites de leurres sont devenues au fil du temps des boîtes à outil : chaque leurre possède son domaine d'application. Personne ne perd de temps à tenter de réinventer la roue, de bricoler ou de bidouiller ce qui est déjà efficient. Les patterns sont connus, usités, maîtrisés et adaptés. Le matériel est utilisé à bon escient, n'importe quel compétiteur reconnaît d'un simple geste la fonction de chaque canne et personne ne se trompe de ratio pour y ajouter un moulinet. La gestuelle est parfaite, dans ses moindres détails, punshing, flipping, pitching, long cast : les gestes sont maîtrisés, les lancers sont précis, discrets, rapides. Les récupérations et les animations sont sans déchet, les ferrages sont adaptés à chaque technique. La navigation est une discipline dans la discipline et le positionnement du bateau un art majeur.

Tous les compétiteurs sont des pilotes hors pairs

Tous les compétiteurs sont des pilotes hors pairs

Et en plus de posséder le bagage technique nécessaire, les compétiteurs américains possèdent en outre tous les réflexes stratégiques de base : qu'ils pêchent en rivière, en lac de barrage ou en lac naturel, rien ne leur échappe complètement. Ils croisent leurs connaissances du poisson avec celles du terrain, qu'ils mettent en perspective avec la saison, de manière naturelle, fluide et quasiment instinctive. Ces machines à pêcher connaissent chaque site et le poisson fourrage qui vit dedans, baitfish dont ils connaissent pour la plupart le cycle de vie intégral et même les couleurs qu'ils arborent selon la saison. Si un baitfish en particulier fraient durant une compétition, aucun compétiteur ne passera à côté des patterns concernés.
En savoir plus
Ces gars-là s’affrontent déjà depuis plusieurs décennies souvent sur les mêmes sites. La plupart sont cartographiés sur les GPS, tous les points sont connus et visités plusieurs fois l'année. Et si l'on ajoute à tout cela le fait que la discipline permet des carrières longues (Rick Clunn, à 73 ans, est encore en activité au plus haut niveau), on comprend que l'expérience joue un rôle majeur dans la performance.
La dernière victoire de Rick Clunn en 2019 à 73 ans !
Alors ne nous faisons pas d’illusion, ces gars-là sont intouchables chez eux. Mais même arrivés à ce niveau-là de maturité et de maîtrise, pour eux rien n’est gagné. Car lors de chaque compétition c’est 80 gars de cette trempe-là qui s’élancent ensemble sur la ligne de départ à plus de 120 km/h, bien décidés à ne rien lâcher jusqu’à la fin, à prendre les plus gros poissons. Ils sont tous là pour empocher les $100 000 promis au vainqueur. Personne n'est là pour échouer second. A ce jeu-là, les compétiteurs professionnels américains sont réellement les meilleurs du monde !
Et parmi eux, il y a...

Kevin Vandam

Kevin Vandam

Les statistiques de chaque compétiteur permettent de juger de leur valeur relative. Nous allons analyser cela plus en détails très prochainement.

A suivre...