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POWER FISHING Partie 2 - Aujourd'hui

POWER FISHING Partie 2 - Aujourd'hui


Kevin Vandam, le maître incontesté du power fishing, nous présente l'une de ses armes favorites : un Red Eye Shad.

POWER FISHING

Les 2 courants confluents.

Le power fishing est un terme couramment employé, souvent à mauvais escient, et parfois même à contre-sens. Mais tandis que je décrivais les origines du power Fishing avec la méthode de Jimmy Houston dans la première partie de l’article, il ne vous a sûrement pas échappé qu’une ligne de césure très nette existait aujourd’hui entre deux courants bien distincts. Je vous propose donc de nous pencher à nouveau sur le sujet, à la lumière des nouveaux éléments que nous avons déterrés. Analyse poussée, aux sources d’une discipline comme l’on remontait jadis les sources du Nil.

 

 

Jimmy Houston

Jimmy Houston

Pour bien comprendre les origines du power fishing, je me suis cantonné à décrire la version radicale, celle théorisée par Jimmy Houston dans les années 70. Mais j’ai illustré le power fishing d'aujourd'hui avec son représentant le plus emblématique, Kevin Vandam. Or Kevin Vandam pratique un power fishing très différent de celui de Jimmy Houston.
 

En fait, nous avons mis le doigt sur le moment précis où l’évolution du powerfishing se divisa en deux branches distinctes. Analysons ceci de plus près.

 

Pour ceux qui n’étaient pas là.

La première partie de l’article sur le power fishing expliquait ceci : « Les termes « power fishing » n’ont pas plusieurs champs lexicaux, ils n’en ont qu’un. Le power fishing est défini par la fréquence des lancés qu’il occasionne. Surtout, que l’on ne vienne pas parler de power verticale, ou de power lent : c’est un contre-sens.

Jimmy Houston effectuait jusqu’à 1 lancé toutes les 4 secondes : c’est ça le power fishing, n’en déplaisent à tous ceux qui se réclament de cette école pour caractériser des pêches qu’ils jugent rapides et qui ne le sont pas. »

Car alors, que devenait Kevin VanDam et ses lancers de 35 mètres ? Et le crankbaiting profond, ce n’était donc pas du power fishing ?

Les réactions et interrogations tournaient quasiment toutes autour de ce point. Nous parlions donc tous de power fishing sans en comprendre le sens, pas même KVD ?

 

Comme je l’ai expliqué précédemment, je n’ai abordé volontairement que le power fishing radical (radical, dans le sens : ses racines) et Jimmy Houston, dans l’article de Steve Gibson du Sarasota Journal du 10 juillet 1976 l’explique très bien : le power fishing, c’est la fréquence élevée des lancés. Jimmy avait repéré que les lanceurs de l’époque effectuaient en moyenne 1 lancer toutes les 10 secondes. Lui avait décidé d’effectuer 1 lancé toutes les 4 secondes !

A ce sujet, notez bien l’orthographe de « lancé » que j’écris « é » comme un acte terminé, car trop rapide pour être décrit durant son action, alors que généralement l’on orthographie « lancer » avec « er » comme un acte inachevé, encore en train de se produire durant sa description par le narrateur, car plus lent (exemple, le coucher et le lever de soleil). Le lancé est typiquement Houstonnien, il caractérise le power fishing de façon radicale, tandis que le lancer est commun à toutes les autres approches.

Kevin Vandam, le maître du Power Fishing et sa panoplie gagnante de leurres : 5XD, KVD 300 Series Jerkbait et 6XD.

 

Deux courants

Ces deux orthographes reflètent parfaitement les deux conceptions possibles du power fishing.

Le courant radical de Jimmy Houston est toujours visible aujourd’hui notamment chez Kevin Short (l’homme en rose) chez qui le crankbaiting précis est parfaitement maîtrisé. En s’isolant au milieu des forêts immergées pour y pratiquer un déferlement de lancés courts, précis et rapides, Kevin Short a remporté l’Elite Series Alabama Charge sur le lac Pickwick en 2010, de cette manière. Il se passait moins de 10 secondes entre chacun de ses lancés, et les plus rapides ne duraient pas plus de 6 secondes : ici, nous sommes bel et bien en présence d’un power fishing radical, pur, en un mot Houstonnien.

Pour mieux comprendre cette pêche, voici le lien vers le film de cette victoire, visible sur le net :

Alabama Charge à Pickwick Lake

Ce power fishing originel (lancés courts + récupération rapide) s’applique généralement aux postes très structurés : bordures, marinas, forêts immergées, végétation immergée, etc.

 

Le courant plus actuel se caractérise par des prospections rapides, mais pas forcément Houstoniennes. Du coup, les 4 à 10 secondes qui espaçaient les lancés de Jimmy Houston ne sont plus la caractéristique unique de ce neo-power-fishing.

En intégrant le deep crankbaiting, la fréquence des lancers diminue, le temps de récupération du leurre se rallonge (>10 secondes), et l’on admet une nouvelle caractéristique pour le power fishing : la couverture de terrain ou plus précisément le travail de l’eau. Et nous allons voir que finalement, le courant radical n’est pas si éloigné que ça de cette nouvelle façon de concevoir le power fishing.

 

L’essence du power fishing

Quand Steve Gibson interroge Jimmy Houston en 1976, c’est un jeune compétiteur plein d’ambition qu’il questionne. Et ce jeune prodige, galvanisé par sa victoire, tient à faire une entrée fracassante dans le monde de la compétition B.A.S.S.. Non content de gagner devant les meilleurs, il s’approprie une méthode de prospection, la théorise et surtout, l’affranchit des dogmes du moment. Il assène de manière provocatrice : « plus j’effectue de lancés, plus j’ai de chance de gagner ! »

 

Jimmy Houston

 

A cette époque, le matériel et surtout les moulinets n’étaient pas les Formules 1 d'aujourd’hui. Incapables de lancer loin des leurres plein d’air, les bassmasters de l’époque étaient dans leur grande majorité des flippeurs qui pratiquaient des pêches sous la canne, au milieu du cover. Lancer loin sans faire une perruque relevait presque plus de la magie, de la chance ou du vent dans le dos, que d’une réelle maîtrise technique (d’ailleurs impossible). Autrement dit : si l’on voulait travailler de l’eau, il fallait lancer souvent !

Mais avec le progrès technologique, les moulinets se sont améliorés, les lignes se sont affinées et les deep crankbaits se lançaient toujours plus loin !

 

 
Strike King 6XD

Strike King 6XD

6 XD Strike King
 

Parallèlement, l'électronique a révolutionné la pratique et la pêche du bass se pratique désormais offshore, hors des bordures, comme l'a popularisé Paul Elias. Mais finalement, le but de Jimmy Houston en mettant au point sa méthode était de couvrir un maximum d’eau avec les moyens que l’époque lui mettait à disposition. Et quand KVD lance un 6XD Strike King (deep crankbait) pleine eau à près de 30 mètres et met environ 15 secondes à relancer, c’est également dans ce but : travailler l’eau. Si les méthodes sont différentes, si les moyens sont différents, si le style est différent, l’objectif est exactement le même. Il est resté intact depuis les années 70 : remuer de l’eau, un maximum d’eau, le plus d’eau possible durant un laps de temps limité. Voilà ce qu’est, ce qu’était et ce que sera le power fishing d’aujourd’hui, d’hier, et de demain.

 

Dans un prochain article nous reviendrons plus en détail sur les outils qu'utilisent aujourd'hui les pros, c'est à dire les leurres, pour pratiquer un power fishing ultra efficace.

See you soon !